Qu’est-ce que la convention de Minamata sur le mercure, et que change-t-elle pour les soins dentaires ?
Comprendre la réduction du mercure, les règles pour les dentistes en France et ce qu’il faut savoir si vous portez un ancien amalgame.
- La convention de Minamata est un traité international adopté en 2013 et entré en vigueur en 2017.
- Son objectif est de protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et rejets de mercure liés aux activités humaines.
- Elle concerne notamment les amalgames dentaires, souvent appelés « plombages ». En France, les obligations concrètes résultent aussi du droit de l’Union européenne, qui encadre leur utilisation et leurs déchets.
Dans cette page

Les obligations des cabinets dentaires en France.
| Le repère | En clair |
|---|---|
| Nouvelles restaurations | Depuis le 1er janvier 2025, ne plus utiliser d’amalgame, sauf si le dentiste le juge strictement nécessaire pour les besoins médicaux spécifiques du patient. |
| Mercure en vrac | Ne pas utiliser de mercure en vrac. Si l’emploi d’amalgame est exceptionnellement justifié, seule la forme encapsulée prédosée est autorisée. |
| Séparateurs d’amalgames | Les cabinets qui utilisent ou retirent des amalgames, ou retirent des dents en contenant, doivent être équipés de séparateurs. Tous les séparateurs en service doivent retenir au moins 95 % des particules depuis le 1er janvier 2021. |
| Entretien et déchets | Entretenir les séparateurs selon le fabricant ; confier résidus, obturations et dents contenant de l’amalgame à une filière agréée de traitement des déchets. |
| Aucun rejet | Ne pas rejeter directement ou indirectement ces déchets dans l’environnement. Ces obligations restent utiles pour les anciens amalgames retirés. |
Pourquoi le mercure est-il un sujet sanitaire ?
Le mercure est toxique. Selon sa forme, la dose et la durée d’exposition, il peut notamment affecter le système nerveux et les reins. Le développement du fœtus et du jeune enfant est particulièrement sensible à certaines expositions.
Les rejets dans l’environnement peuvent aussi contribuer à la contamination de la chaîne alimentaire. Les formes de mercure et les voies d’exposition diffèrent : un ancien amalgame en bouche et du méthylmercure dans un poisson ne représentent pas la même situation. Il faut éviter d’en déduire qu’un porteur d’amalgame est nécessairement intoxiqué.
Un « plombage » contient-il du plomb ?
Le nom courant est trompeur : l’amalgame dentaire contient environ 50 % de mercure, associé à d’autres métaux comme l’argent, l’étain et le cuivre. Il a longtemps été utilisé pour combler une cavité après le traitement d’une carie ↗.
La transition vise à réduire l’usage du mercure et les rejets tout au long de la vie du matériau. Des solutions sans mercure existent, notamment des composites et des ciments verres ionomères ; leur choix dépend de la situation clinique et appartient au chirurgien-dentiste.
2025 et 2026 : ce qui a changé.
Repères réglementaires vérifiés au 20 octobre 2026. Le règlement européen de 2024 prévoit l’arrêt de l’utilisation courante des amalgames depuis le 1er janvier 2025, avec l’exception médicale spécifique expliquée ci-dessus. L’exportation est interdite depuis cette même date.
Depuis le 1er juillet 2026, la fabrication et l’importation dans l’Union sont également interdites, sauf pour les besoins médicaux spécifiques prévus par le texte. La dérogation socioéconomique transitoire accordable à certains États membres prenait fin le 30 juin 2026 : elle ne constitue pas une autorisation générale de continuer.
Le cadre international et le calendrier européen sont distincts. Un traité fixe des engagements aux États ; le règlement européen impose ici des règles directement applicables, notamment en France.
Faut-il retirer tous les anciens amalgames ?
Non : l’arrêt de la pose ne signifie pas que tous les amalgames déjà présents doivent être retirés. Le ministère de la Santé indique qu’un amalgame satisfaisant cliniquement et bien toléré ne justifie pas, en règle générale, une dépose systématique.
Le retrait peut lui-même augmenter temporairement l’exposition aux vapeurs de mercure et entraîner une perte de tissu dentaire. Un dentiste apprécie l’état de la restauration et l’intérêt d’une intervention. En cas de douleur, de fracture ou d’autre changement, faites contrôler la dent ; n’essayez pas de retirer le matériau vous-même.
Un enjeu de santé, de travail et d’environnement.
Pour les patients, l’objectif est de limiter les expositions évitables tout en maintenant des soins adaptés. Pour les équipes dentaires, la manipulation et la dépose demandent des précautions professionnelles. Pour l’environnement, le traitement des résidus évite leur dispersion dans l’eau et les sols.
La convention ne prouve pas qu’une maladie individuelle est causée par un amalgame, et elle ne prescrit pas de « détoxification » aux patients. Une inquiétude personnelle se discute avec un professionnel de santé.
Pourquoi prévenir les caries fait aussi partie de la réponse.
La convention met en avant la prévention des caries et la promotion de la santé pour limiter le besoin de restaurations. L’enjeu dépasse donc le seul remplacement d’un matériau : moins de caries évitables, c’est aussi moins de dents à restaurer.
C’est un lien pédagogique avec CARIESTOP ↗ : votre CSO ↗ accompagne les habitudes de prévention primaire et la compréhension des informations. Notre équipe ne choisit pas un matériau de soin et ne décide pas d’une dépose.
Retrouvez les repères de brossage ↗, d’alimentation ↗ et de suivi chez le dentiste ↗, ainsi que le plan mondial pour la santé bucco-dentaire ↗.
Le repère à retenir.
Moins de mercure ne signifie pas retirer tous les anciens amalgames. Le dentiste décide des soins nécessaires ; chacun peut agir sur la prévention des caries et garder un suivi adapté.
Les sources publiques pour approfondir
- Secrétariat de la convention de Minamata · Texte et annexes ↗
- EUR-Lex · Règlement 2024/1849 : arrêt des amalgames et exceptions ↗
- EUR-Lex · Règlement mercure consolidé, article 10 : capsules, séparateurs et déchets ↗
- OMS · Mercure et santé ↗
- Ministère de la Santé · Composition des amalgames dentaires ↗
- Ministère de la Santé · Précautions et absence de dépose systématique ↗
Parlons de vos besoins ↗