LE REGARD D’ASSURMEYER · DÉCRYPTAGE
Soins dentaires en 2027 : le vrai débat dépasse le ticket modérateur
La baisse du remboursement de l’Assurance Maladie ne signifie pas nécessairement une augmentation du reste à charge chez le dentiste. Pour AssurMeyer, défendre les assurés suppose aussi de regarder le prix des complémentaires santé et d’investir davantage dans la prévention.

Ce qui change au 1er janvier 2027
La hausse du ticket modérateur sur certains soins dentaires suscite des inquiétudes. Mais pour comprendre ses conséquences, trois éléments doivent être distingués : la part remboursée par l’Assurance Maladie, celle financée par la complémentaire santé et la somme restant finalement à payer.
Le décret du 21 août 2026 prévoit de porter la fourchette réglementaire du ticket modérateur à 50–60 % de la base de remboursement, à compter du 1er janvier 2027. Cette fourchette ne fixe pas, à elle seule, un taux unique pour toutes les situations. Le décret, article 1 ↗ · Entrée en vigueur, article 2 ↗
Un transfert entre financeurs ne se traduit pas automatiquement par une facture supplémentaire au cabinet dentaire.
Deux exemples pour comprendre
Les complémentaires santé responsables couvrent le ticket modérateur des soins dentaires concernés. Pour une prestation facturée au tarif conventionnel, sans dépassement, elles peuvent donc compléter la nouvelle part laissée par l’Assurance Maladie. Code de la sécurité sociale, R. 871-2 ↗
Prenons une consultation classique chez un chirurgien-dentiste conventionné, facturée 23 € en métropole. Dans le cas général, l’Assurance Maladie rembourse actuellement 13,80 €, soit 60 %. Tarifs et remboursements ↗
| Qui finance ? | Aujourd’hui : 60/40 | Hypothèse : 50/50 |
|---|---|---|
| Assurance Maladie | 13,80 € | 11,50 € |
| Complémentaire responsable | 9,20 € | 11,50 € |
| Reste à charge | 0 € | 0 € |
Autre exemple : une radiographie panoramique dentaire, lorsque les conditions de remboursement sont réunies. La base conventionnelle de l’acte HBQK002 est de 20 €.
| Qui finance ? | Répartition 60/40 | Hypothèse : 50/50 |
|---|---|---|
| Assurance Maladie | 12 € | 10 € |
| Complémentaire responsable | 8 € | 10 € |
| Reste à charge | 0 € | 0 € |
Ces exemples sont distincts, sans dépassement, hors régime particulier et avec une complémentaire couvrant le ticket modérateur. Ils ne constituent pas une proposition de facturation cumulée. Le scénario 50/50 illustre le mécanisme, sans préjuger du taux définitif applicable en 2027.
Dans ces situations, le remboursement total reste identique : la répartition change, pas la somme restant à payer.
Un remboursement inchangé ne garantit pas une cotisation inchangée
L’absence de reste à charge au cabinet ne signifie pas que le transfert est sans conséquence économique.
Une complémentaire qui rembourse davantage supporte une charge supplémentaire. Celle-ci peut peser sur ses cotisations. Toutefois, son montant ne permet pas de déduire automatiquement une augmentation identique pour chaque assuré : les tarifs dépendent aussi des dépenses observées, des garanties, des frais de gestion et des choix de chaque organisme.
Défendre le pouvoir d’achat suppose donc de demander des explications sur les évolutions tarifaires et de comparer les offres, à besoins et garanties comparables. C’est aussi l’intérêt de se faire accompagner par un courtier.
Et si l’on agissait davantage avant les soins ?
Le débat se concentre sur la répartition de la facture. Une autre question mérite autant d’attention : comment limiter le besoin de soins évitables ?
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que la plupart des affections bucco-dentaires sont en grande partie évitables. Agir sur les habitudes quotidiennes et faciliter un suivi dentaire régulier constituent donc des leviers essentiels, en complément des soins nécessaires. Le constat de l’OMS ↗
C’est le sens de CARIESTOP, le programme d’AssurMeyer consacré à l’accompagnement en prévention dentaire primaire : aider les bénéficiaires à comprendre les bons réflexes, à les installer et à les transmettre dans leur foyer. Le programme complète le suivi dentaire ; le diagnostic et les soins restent du ressort du chirurgien-dentiste.
Protéger la santé et défendre le pouvoir d’achat
AssurMeyer associe prévention dentaire primaire et courtage en assurance avec une ambition : contribuer à réduire les problèmes évitables et rechercher, avec ses partenaires assureurs, des protections durablement compétitives.
Notre modèle vise à agir en amont des dépenses de soins, plutôt que de se limiter à leur financement une fois les maladies installées. Les résultats doivent être mesurés ; cette ambition ne constitue pas une garantie d’absence de hausse des cotisations.
La réforme ne doit donc être présentée ni comme une facture supplémentaire systématique au cabinet, ni comme une mesure sans conséquence pour tous. Elle invite surtout à mieux expliquer les remboursements, à préserver l’accès à une couverture adaptée et à renforcer la prévention.
Mieux protéger les assurés, c’est mieux prévenir, mieux expliquer et mieux défendre leur pouvoir d’achat.
Parlons de vos besoins ↗